Pour bien comprendre une région viticole, rien de mieux que d’y mettre les pieds et le nez !
Ainsi, c’est avec appétit et envie qu’une partie de l’équipe du Cellier s’est rendue en Bourgogne au cœur du mois de juin.
La longue route de Biarritz à Beaune est propice aux échanges sur les dernières dégustations et découvertes viticoles. Si la route passe ainsi rapidement, c’est avec impatience et les papilles aiguisées que l’équipe aborde le Maconnais puis la Côte Chalonnaise et enfin la Côte de Beaune.
L’arrivée, tardive, dans la ville des Hospices, alarme les jeunes cavistes sur la capacité d’accueil des établissements bourguignons après 20h30. La déambulation dans la ville fortifiée permet de constater que tout ou presque est tourné vers le vin et la gastronomie. Un premier Saint-Aubin de chez Langoureau plus tard, c’est la découverte de la Côte de Nuits et de la nuit à côté de Gevrey-Chambertin.
Au réveil, c’est l’excitation ! Au programme du jour, visite de trois domaines emblématiques et très différents de Bourgogne.
Mais avant le premier rendez-vous, Yoann dégaine ses petits « trucs » de sommelier… Comment retenir les grandes AOP de la Côte de Nuits ? Grâce à la phrase « Mais faîtes gaffe, mon chat vous voit noir ! » (M : Marsannay, F : Fixin, G : Gevrey, M : Morey-Saint-Denis, C : Chambolle, V : Vougeot, V : Vosne, N : Nuits-Saint-Georges).
Un beau programme
Aux premières heures du matin, c’est avec un petit groupe d’une quinzaine de cavistes de toute la France, que la visite du Domaine Trapet commence. Par les vignes et le terroir d’abord, Jean-Louis explicite la spécificité de ses sols et de ses parcelles. Latricières, Chapelle, Chambertin, autant de noms évocateurs et prestiqgieux. Le travail en biodynamie est revendiqué fièrement, de plus, ici, pas de rognage et des plantations en échalas. Un travail à la vigne finalement assez original pour la région.

La visite se poursuit dans la vieille maison du domaine. S’y succèdent dans les verres les productions des deux fistons avec notamment un Aligoté de macération plein de caractères ou un Chambertin 2005 encore fougueux. La dégustation se poursuit avec les productions alsaciennes du domaine. Le mâchon qui accompagne les cuvées et la discussion s’engage autour de l’histoire du domaine et les impressions des dégustateurs. Jean-Louis Trapet conclut ce joli moment par une citation de son arrière-grand-père tiré de son journal de bord comme pour insister sur la longue histoire et l’ancrage de cette famille sur ces terres.
Heureux et repus, les cavistes basques se rendent avec vigueur au domaine Hubert-Lignier à Morey-Saint-Denis pour le deuxième rendez-vous de la journée. Karine, caviste de formation et employée au domaine se charge de la visite. Ici, ça bosse et ça gigote, tout le monde est très occupé ! La dégustation est l’occasion de retrouver Aude, partenaire et guide bourguignonne ! Autour des flacons des grandes appellations, les commentaires sont dithyrambiques, autant sur les coteaux-Bourguignons que sur les Chambolle-Musigny ou les Clos de la Roche. Le temps de charger la voiture d’une commande pour le Cellier et c’est le départ vers la Côte de Beaune.
A Ladoix-Sérigny, l’équipe retrouve François, mari de Aude et grand connaisseur des subtilités bourguignonne. Avec lui, les yeux rivés sur la carte du vignoble nous évoquons les différences entre parcelles, climats et appellations. Mais aussi ces terroirs sur lesquels se côtoient des crus en rouge et des premiers crus en blanc ou l’inverse ou les deux …

Après un passage par une belle parcelle familiale, nous rendons visite à Thierry Glantenay à Volnay. Il sort tout juste d’un grand repas de vignerons. Son domaine, juste au-dessus de la parcelle du Clos des Ducs de Marquis d’Angerville bénéficie d’une vue imprenable sur le vignoble : les appellations régionales au loin, plus près les appellations villages, puis les premiers crus et enfin les grands crus. Dans la fraîcheur du chai à barriques, le vigneron prélève dans les fûts les nectars qui patientent. Les commentaires, les échanges et les rires ponctuent les cuvées qui remplissent les verres. Ces instants suspendus, dans l’obscurité des caveaux, sont précieux et nous permettent de tenter de retranscrire les émotions que nous y ressentons. Les Volnays, Pommards et Puligny que nous y avons dégustés, resteront pour toujours dans nos mémoires !
Le séjour se conclut comme il avait commencé, par un dîner en compagnie d’Aude et François. Le Meursault rouge délie les langues et allège l’esprit ! Le volubile patron marseillais se joint à nous et finit de nous faire prendre conscience que nous exerçons décidément un bien beau métier ….



